Dans 90% des usines que nous auditons, il existe deux entreprises parallèles : l’usine théorique, telle que modélisée dans les gammes de l’ERP (avec des temps de cycle standards, des tailles de lots idéales et des rendements à 85%), et l’usine réelle, avec ses aléas thermiques, ses matières hétérogènes, ses capteurs encrassés et ses arbitrages d’opérateurs.
Lorsqu’un directeur d’usine s’appuie sur les synthèses de fin de semaine pour piloter ses investissements, il prend des décisions sur des données lissées et aseptisées. La réalité d’un atelier ne se révèle qu’au pied des machines, chronomètre en main, en observant non pas ce qui tourne, mais ce qui hésite, attend ou ralentit.